Sylvie Esquerré, céramiste
Mon univers artistique
De l’enseignement … à l’art
Après avoir enseigné les mathématiques pendant plus de trente ans, je me consacre aujourd’hui avec passion à la sculpture de l’argile.
Ces deux chemins – celui de la transmission et celui de la pratique artistique – répondent à un même besoin : me sentir utile en partageant. Je pense que l’art permet de construire des liens, d’ouvrir des espaces de résonance émotionnelle … et parfois spirituelle.
J’aime prolonger certaines de mes œuvres par des mots : une citation, une pensée, une note poétique. Comme un écho discret qui accompagne la forme et lui donne voix.
La céramique artistique
Manuelle depuis toujours, j’ai découvert la sculpture en 2011 comme on reçoit une évidence. Travailler la matière avec les mains, donner forme dans l’espace, est vite devenu un besoin vital.
J’ai choisi l’argile — cette matière malléable, humble et vivante, qui s’offre comme une page blanche. Avec elle, tout est possible. Tout est à construire. Elle libère pleinement mon élan créatif.
Mais la terre a aussi sa propre voix. Entre l’intention du geste et la réaction de la matière, elle garde sa part de liberté. Le défournement est toujours un moment suspendu : émerveillement, surprise, parfois déception… mais toujours un apprentissage. Comme le disait Nelson Mandela : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »
L’argile m’enseigne la patience, l’acceptation, l’humilité — et surtout, la résilience. Je considère ainsi la sculpture de la terre comme une voie de triple connexion: à la nature, aux autres et à moi-même.
Une démarche ancrée dans le vivant
Mes sources d’inspiration
De longues promenades en forêt, en montagne ou au bord de l’eau nourrissent mon imaginaire. Je ne cherche pas à reproduire la nature, je m’attache plutôt à traduire l’émerveillement et les réflexions qu’elle suscite : graines, pierres, coquillages deviennent prétextes à méditer, à interpréter, à créer.
Je suis également portée par une esthétique plus abstraite, sans doute influencée par la céramique japonaise contemporaine, dont j’admire la sobriété et le lien intime avec les éléments naturels.
Dans les deux cas, je façonne la terre pour faire émerger une émotion, une histoire, une valeur.
Laisser une empreinte dans l’argile, la vie.
Dans mes sculptures céramiques, j’aime explorer la richesse des textures, inventer des surfaces singulières, chargées de sens. Ce sont elles qui rendent chaque œuvre vivante, unique, habitée, conçue pour transmettre une sensation de calme, de beauté et d’harmonie.
La terre possède une mémoire : chaque pression des doigts, chaque souffle d’intention s’y inscrit. De même, nos rencontres, nos paroles, nos actes laissent des traces. Nous sommes façonnés par ces empreintes — celles que nous recevons, celles que nous laissons.
Dans chaque création, je savoure autant le processus créatif — lent et méditatif — que l’œuvre achevée.
L’art du feu et de la main
Je conjugue plusieurs approches de la sculpture de l’argile: travail à la plaque, colombins ou modelage dans la masse. Les cuissons s’effectuent en atmosphère oxydante dans un four céramique électrique.
J’aime beaucoup également pratiquer la technique japonaise de cuisson raku, alchimie du feu, de la terre, de l’eau et de l’air. Elle consiste à sortir les pièces biscuitées , puis émaillées du four à gaz à haute température, puis à les enfumer immédiatement dans des matières organiques. Ce choc thermique fait naître des craquelures, des nuances profondes, des effets inattendus obtenus par l’enfumage.
Les émaux, une recherche passionnante
Je travaille le grès, une terre résistante à très haute température, propice à des jeux d’émaux fascinants. Ces glaçures céramiques, élaborées à partir de roches, de minéraux, et même de cendres végétales, s’inscrivent dans un cycle fascinant : terre – roche, végétal – émail pour enfin revêtir la terre cuite.
Je décore mes pièces avec engobes vitrifiés, des jus d’oxydes métalliques et des émaux que je formule moi-même. Ma curiosité et mon esprit méthodique nourrissent cette exploration sur d’innombrables tessons, pour tenter humblement de mieux comprendre la matière et ses métamorphoses par le feu.
Mon parcours artistique
Formation et rencontres d’ateliers
Ma pratique artistique débute en 2011, en Équateur, auprès de Paulina Arcos (céramique contemporaine), Stuart Williamson (modelage) et Howard Taikeff (sculpture sur bois).
Le stage de Raku suivi auprès d’Anne Le Hénaff m’a ouverte à une nouvelle dimension : celle du feu, du lâcher-prise, et de l’imprévisible. Une étape importante dans mon parcours.
Depuis, je pratique la sculpture céramique de manière autodidacte, tout en continuant à me perfectionner avec des formations spécialisées auprès de céramistes renommés :
- Émaux de haute température : Patrick Buté ; Mathieu Lievois
- Céramique contemporaine avec Alberto Bustos
- Démonstration d’Icaro Maiterena à la fondation Brückner de Genève, Suisse
- Terres de rencontre : Patrick Buté
- Sécurité en céramique : Joëlle Swanet
- Cours avec Lynn Frydman Kuhn, Suisse
Je fais aussi partie du collectif d’artistes visuels Les Hang’Arts, fondé par Christelle Dupart : un espace de formation et d’échange autour de la création contemporaine, la communication artistique et le partage de pratiques.
Expositions récentes (Suisse – 2024)
- Montricher : exposition en duo avec le peintre renommé W. Mafli, dans le cadre intimiste et plein de charme de la galerie La Chaumière.
- Montreux : exposition personnelle inaugurant un superbe espace de la fondation Initiative of Change, dans l’emblématique Caux Palace.
- Gland : exposition collective Art’Gland, aux côtés d’une vingtaine d’artistes, dans le vaste et lumineux espace du théâtre de Grand-Champ.
Et maintenant ?
Créer est pour moi un acte de partage. Si mon univers vous touche, je vous invite à me contacter pour une collaboration, une commande sur mesure, ou tout simplement un échange autour de la sculpture en céramique. (bouton Contact)